Ce qu'ils en disent...

Swing That Music
(Harmonis Millenium SPs 003-01/Jazzophile). 

Frédéric d'Hulster (tp), Didier Hussenot (tb), Gérard Bréaudat (ss), 

Stéfan May (p), Louis Montagné (bjo), Daniel Chauvet (cb), Etienne Cuot (dm).

Dans la cohorte des orchestres " vieux style ", Swing Parade mérite une place particulière. D'abord parce que les musiciens composant ce septette né il y a quelque dix ans sur la Côte d'Azur ont acquis un niveau technique et une cohésion enviables. Ensuite parce que le répertoire qu'ils explorent, celui dArmstrong, de Bechet, de King Oliver et autres pionniers, donne lieu à des arrangements fort bien venus qui ont, de surcroît, le mérite de respecter l'esprit des morceaux sans s'en tenir servilement à la lettre. Ainsi de Moulin à café ou de Georgia Cabin, belles mélodies de Bechet, voire du titre éponyme où Frédéric d'Hulster fait preuve d'un drive réjouissant. Ce troisième album atteste que le succès remporté dans diverses manifestations, dont les festivals de Nice, Juan-les-Pins, Beaulieu ou Nuremberg, n'avait rien d'usurpé. Et que le revival conserve tout son charme lorsqu'il est pratiqué avec une telle probité et un enthousiasme aussi communicatif.

Jacques Aboucaya
9 septembre 01

Stéfan May (piano), Louis Montagné (banjo), Etienne Cuot (batterie), Daniel Chauvet (Contrebasse),  
Didier Hussenot ( trombone), Frédéric D'Hulster (trompette) et Gérard Bréaudat (saxophone soprano), 

leur talent n'a d'égal que leur musicalité...Ouïe ! Ouïe ! Ouïe !

Oui, cette musique qu'ils nous livrent est inspirée et restituée en hommage à Sidney Bechet et Louis Armstrong,dans la grande tradition du jazz de la Nouvelle Orléans.

Du "vieux Style" peut-être ! mais interprété de manière diablement moderne, avec, en plus, la joie sous-jacente d'un soleil méditerranéen... et croyez-moi, ça change tout !

Donner un air de jeunesse à nos amours passées : Bravo !

Je ne sais pas si,parfois, il vous arrive de mal vous réveiller, si votre rythme de vie tourne au blues, ou si la pluie vous plonge dans des abîmes de mélancolie ? Mais si cela devait vous arriver demain, alors n'hésitez pas un seul instant, courez acheter, courez voler, courez copier, enfin, débrouillez-vous pour obtenir cet enregistrement "Swing that music". Alors, comme par magie, le bonheur envahira vos coeurs et des ailes pousseront sous vos chaussures...

Ah ! J'allais oublier, j'aime ce disque.

Frank HAGEGE
Concepteur et organisateur des "DJANGO D'OR"
(Trophées Internationaux du jazz)

SWING PARADE South "Swing That Music"

L'orchestre "Swing Parade South" créé il y a dix ans par le tromboniste Didier Hussenot et le saxophoniste soprano Gérard Bréaudat, a sorti ce dernier CD, sans date précise, disons en 2000. C'est le troisième, qui fait suite à "Rue d'Amibes" (1995), chroniqué dans nos colonnes par Michel Laplace et à "Hommage à Sidney Bechet", sans date précise non plus, mais que Didier Hussenot situe en 97,98; nous ne l'avons pas chroniqué. Nous constatons que, par rapport à 1995, la formation a évolué, passant de 6 à 7 membres. Le trio "mélodique" n'a pas changé et, dans la rythmique, Louis Montagné est toujours au banjo mais Daniel Chauvet est à présent à la contrebasse au lieu du souba et le batteur n'est plus Tom Brayer mais Étienne Cuot; et il y a en plus un pianiste, Stéfan May. La couverture du compact s'orne d'un magnifique tableau représentant l'orchestre; il est l'oeuvre de Monique Bornstein.

La motivation de ces musiciens est clairement exprimée dans le texte de pochette, avec franchise et humour: 

"Totalement à contre-courant des modes les plus établies, les sept membres de la formation s'obstinent en effet, et sans aucun complexe, à se vouer au culte rétrograde et quasi exclusif de Sidney Bechet et Louis Armstrong". Ils auraient d'ailleurs tort de faire autrement puisqu'ils ont du succès partout et on ne voit pas pourquoi ils refuseraient de se faire plaisir.

"Washboard Wiggles" nous permet de passer en revue la majorité des musiciens: le tromboniste Didier Hussenot, le trompettiste Frédéric d'Hulster (dans un stop-time chorus) et Gérard Bréaudat, bien sûr très influencé par Sidney Bechet mais qui peut aussi s'en démarquer, surtout dans la première partie du disque, notamment au niveau du son, un peu comme le fit Attenoux en son temps; bon solo de batterie, oui, pas de washboard, et aussi de banjo. Le pianiste Stéfan May attend le deuxième morceau pour se signaler, semblant aimer le riff. On prend vite conscience que le "vieux style" est interprété par ces jazzmen avec une certaine modernité et dans un climat "méditerranéen" où la tristesse n'est pas de mise mais où la tendresse a droit de cité. 

Deux thèmes, en particulier, font apprécier le "feeling" des arrangements et des solistes: "Dream A Little Dream Of Me" et "Georgia Cabin" où, là, Gérard Bréaudat retrouve l'emprise du maître, en ce qui concerne le volume et le vibrato. Lillustrissime "Cornet Chop Suey" est l'un des hommages rendus à Armstrong. L'Introduction "plurielle" en relais (trompette, saxo, trombone) est une trouvaille amusante et l'exposition est faite au soprano, qui passa les commandes au trompettiste pour un stoptime, réédité à la fin, après un solo de trombone. Stéfan May joue "stride" à fond.Ici c'était une composition de Satchmo. Maintenant ce n'est plus le cas et pourtant c'est l'un des thèmes les plus emblématiques: "When It's Sleepy Time Down South"... avec un solo de basse de Daniel Chauvet. 

Décidément, on est au top du répertoire car on trouve un peu plus loin l'immense "West End Blues", proche de l'interprétation culte. Frédéric d'Hulster, comme quelques uns en France, joue la fameuse cadenza de Louis. On reste encore bouche bée quand on imagine Armstrong faisant sortir pour la première fois cette merveille de sa trompette! Didier Hussenot, lui, évoque Prince Robinson et le pianiste, Earl Hines, juste avant l'émouvant final; "That's A Plenty" autorise plus de libertés. 

A un moment donné, nos joyeux "Sudistes" insèrent un air de paso-doble (un gag "à la Hussenot"?) avant de terminer par une collective des plus chauffantes. "Swing That Music", sans pont, est modulé; le banjoïste Louis Montagné s'y distingue; le solo de trompette tranche sur les backgrounds. Jolis riffs de d'Hulster à la fin. "Ory's Creole Trombone" met au premier plan Didier Hussenot mais également Stéfan May et Frédéric d'Hulster. 

"Moulin à Café", de Sidney Bechet, est probablement le morceau le plus réussi, collectivement et individuellement. Gérad Bréaudat s'y pose en disciple de Bechet, parmi les meilleurs en France. 

"Bye Bye Blues" fait remarquer Étienne Cuot (dms) et Louis Montagné (bjo). Et le CD se termine par un medley à deux volets: "Mack The Knife"et "When The Saints", étoffé par des modulations qui le rendent moins banal. 

Ce CD "Swing That Music" nous donne l'occasion de faire ample connaissance avec le "Swing Parade South" qui possède à la fois l'avantage et l'inconvénient de résider à Nice! D'un côté la beauté du décor, la "Belle Bleue", le climat et de l'autre une position sur l'Hexagone qui le tient un peu trop à l'écart. Mais ils sont quand même venus en Auvergne!

Jean Vastra

Revue "JAZZ DIXIE/SWING" N°36, Août 2002

éditée par le Jazz Club de France



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